To be or not to be

Depuis les attentats de 2015, il y a une injonction à prendre parti pour une cause, une idée politique ou une polémique. A l’époque, le mot-clef “je suis Charlie” m’avait gonflé. La première raison est que j’ai toujours eu peur des effets de groupe. On dit parfois des conneries mais si on les dit en groupe, cela prend une ampleur malsaine (voir printemps républicain)
Dernier truc en date, le hashtag #jesuismila

Tout débute donc par une discussion via stories d’instagram. Ces vidéos sont censées être éphémères. Une ado de 16 ans est embêtée par un autre gamin critiquant son homosexualité. Si j’ai bien suivi, le gosse a fait référence à l’islam. Les chose se corsent quand la gamine balance une série d’insultes sur l’islam. Cette critique de la religion n’est pas de haut vol. Ce n’est pas un discours construit comme pouvait l’être celui d’un Charb. Pourtant l’affaire prend des proportions nationales via twitter où un malin a eu la bonne idée de partager la video de la gamine. (ci dessous la video)

Tout s’enflamme. L’occasion de taper sur l’islam est trop bonne. Du printemps républicain en passant par la fachosphère, les partis traditionnels ou les médias. Tout le monde balance le mot clef “je suis Mila” ou “je ne suis pas Mila”

je ne suis pas Mila, je ne suis pas Charlie… Je suis Bobig et j’ai deux principes de base : les réseaux sociaux ne sont pas le reflet de l’opinion d’un pays et il faut toujours attendre quelques jours, voir des semaines pour se faire une idée personnelle via différentes sources officielles.

Un exemple. le drame à la préfecture de police. “Quatre fonctionnaires ont été tués, jeudi 3 octobre, à coups de couteau, à l’intérieur même de la préfecture de police de Paris. L’assaillant, un employé administratif de 45 ans, a été ensuite abattu par les forces de l’ordre.” (france info)

Sur les réseaux sociaux , si on aborde ce sujet, des mois après, une grande majorité des personnes parlent d’attentat terroriste. Dans les médias traditionnels et chez les politiques aussi d’ailleurs. Mais…si on applique les deux principes cités plus haut on constate un truc tout simple. Ce n’est pas un attentat, la piste terroriste n’est plus privilégiée.

j’ai donc essayé d’appliquer la même méthode avec l’affaire Mila. Rien ne justifie les menaces envers une jeune adolescente de 16 ans et je ne voyais qu’une altercation ordinaire entre des gosses. J’étais affligé de voir les médias en faire des tonnes sur le sujet. je pensais au contraire que cela ravivait les menaces.
Un jour, on m’a alerté via twitter en m’expliquant que cette adolescente que l’on érigeait en gardienne de la liberté d’expression était plus ambigüe que l’on ne pensait.

En fait, cette altercation a servi un camp sur les réseaux sociaux : La fachosphère. C’est très bien expliqué dans cet article et sur ce thread ci dessous.

On résume rapidement. Après son altercation et les menaces encourues, Mila semble avoir contacté une figure de fachosphère pour la soutenir. Vous sentez comment ça pue du cul. ci dessous la personnalité qui raconte le contact.

Depuis un mois, des gens de gauche et de droite, ont posté #jesuis mila sans avoir réfléchi un minimum. Depuis des semaines, ils servent la soupe à l’extrême droite la plus crasse. on applaudit bien fort.

Aux journalistes, aux politiques et aux autres, je me permets ce petit conseil. Les réseaux sociaux ne sont pas le reflet de la réalité. Ils sont le plus souvent une loupe centrée sur les extrêmes et avant de soutenir une cause ou de réagir à un événement dramatique ou une polémique, il faut avoir la patience de connaitre tous les éléments car le risque est grand de propager de la merde. Et pour décrotter, c’est beaucoup de travail ( voir tuerie à la préfecture de police)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.