Deconnexion

Depuis mercredi, j’ai prêté ma bécane à mon fiston. quatre jours sans ordinateur. On ne peut pas dire que cela m’a profondément ennuyer. J’ai juste la vague impression d’avoir paumé mes pinceaux et mon carnet à dessin. Sur mon site principal, je ponds régulièrement des photographies et des bidouillages d’images via scanner et donc ordinateur fixe. Bref, je suis un tantinet dépendant.
L’objectif après ces quelques jours de pause est de m’organiser pour pouvoir pondre des artisteries avec d’autres moyens. Bref, être un peu autonome si la pause d’ordinateur devait durer plus longtemps. j’ai donc sorti tablette, toile, crayon et gomme…on n’est jamais assez prudent.

Dégonflage d’une propagande

Ha oui ! il y a un gros problème chez nos amis policiers. Un jour, on a la police des polices qui explique que recevoir une matraque dans l’anus est un accident, et hier soir la préfecture de police annonce différents événements lors de la marche pour que le justice fasse son travail correctement dans l’affaire Théo. Cela commence par ce communiqué :

on lit bien « des effectifs de police ont du intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu » Honteux, les irresponsables de la manifestation ont donc failli avoir une mort sur la conscience. Ces gens de banlieue font vraiment n’importe quoi ! D’ailleurs le journal « le parisien » toujours aussi rapide et fiable sur l’info titre sous les mots-clefs « bobigny – débordements – casseurs » : Une fillette de 6 ans sauvée des flammes. Ouf la police était là pour la sauver. Je rappelle que le journal le parisien avait expliqué dans un article que Theo avait son pantalon qui descendait sur ses hanches ( bel exemple de journalisme-fiction)

Sauf que…c’est entièrement faux et que la police était plus occupée à gazer et taper des manifestants que de sauver une fillette. Ce matin, on découvre ces témoignages…ce sont les manifestants qui ont sauvé la gosse d’une voiture qui n’a pas brûlée (relire le titre du parisien et rigolons ensemble). Bref plus de peur, que de mal.

Pour la préfecture de Police, cela sent un peu la cramé. La belle occasion de passer de policiers violeurs à des CRS sauveurs s’écroule comme un château de cartes. Et pour dégonfler cette propagande policière, la préfecture se sent obligé de pondre ce tweet.

Avec ces violences et ces mensonges à répétition, on peut vraiment se questionner sur l’état de santé de la police nationale.

La peur des flics

Mes gosses grandissent. Ils sortent le soir. En tant que parent, on a toujours peur qu’ils fassent une mauvaise rencontre. Tabassé pour un vol de mobile…depuis quelques mois, même années..une nouvelle trouille a surgi : La peur des flics.

Dans ma bonne ville du Raincy, Maxen un gamin de 16 ans se fait tabasser suite à un contrôle de la BAC.

La rue où a eu lieu l’agression n’est pas loin de chez moi. Quand j’entends une sirène de police, le doute m’envahit. Mes gamins métisses peuvent se faire cartonner pour un banal contrôle. Flippant. Ce contrôle au faciès n’est pas nouveau. Si tu es noir ou arabe, c’est pour toi. J’ai cette expérience. Il y a plus de trente ans à Noisy le Sec, la police ne contrôlait pas le jeune ado blanc que j’étais. Mais dés que j’étais avec mes potes noirs et arabes, on y avait droit. Déjà à l’époque, on subissait des petits coups de pression pour nous pousser à la faute. Je n’ai jamais cédé.
Noisy le sec, je pense à Amine Bentounsi tué d’une balle dans le dos sans sommation le 22 avril 2012. J’ai suivi le procès, c’était consternant de faux témoignages et d’arrangements. Sa sœur Amal se bat depuis avec le collectif « Urgence notre police assassine ».
Bien sûr, certains commenteront que cette victime était en cavale, ce n’est pas un argument valable pour tuer une personne dans le dos sans sommation. Point barre. Ce point est important à retenir. Car lors de ses violences policières, les arguments essayant de culpabiliser la victime sont récurrents.

Adama Traoré..ce jeune homme de 24 ans décédé dans le cadre d’une interpellation entre les communes de Beaumont-sur-Oise et de Persan, dans le Val-d’Oise, le 19 juillet dernier. On découvre six mois après que ce jeune homme n’était pas malade comme le disait la police responsable de sa mort.

Puis nous avons Théo, l’affaire terrible où un jeune se fait violer par quatre policiers qui lui introduisent une matraque dans l’anus. Une monstruosité ! à lire ici

J’approche d’un age où je commence à accumuler pas mal de noms de victimes de violences policières : Malik Oussekine en 1986, Zyed et Bouna en 2005…toujours le même sentiment d’impunité qui règne. Les familles demandent justice, la police est le plus souvent relaxée. Pire, il y a un foutage de gueule cynique. Que dit la police des polices ? que le fait de recevoir une matraque enfoncée dans un anus jusqu’au colon était un accident et non un viol. Et les médias ? bah les journaux font leur boulot en servant la soupe. Il suffit de lire cet extrait du parisien qui sous-entend que le gamin avait son pantalon déjà baissé.

un syndicaliste de la police explique tranquillement que le terme bamboula lors des altercations est normal..

Un avocat en rajoute sur twitter en disant ceci…oui le racisme s’est bien libéré et cela ne choque plus personne.

Rarement j’ai entendu que l’on devrait virer ces flics qui n’ont rien à faire dans la police. Comme d’habitude. Donc oui depuis quelques années, j’ai la peur de la police, de l’uniforme, des cow-boys qui matraquent et tabassent. Pourquoi s’arrêteraient ils ? on les relaxe ou déplace quand la bavure a été trop voyante.

alors j’entends déjà certains me dire :

– mais Bobig, cette phobie que tu as …il ne faut pas exagéré, tu fais des amalgames…tous les policiers ne sont pas des crétins violents. Nombreux sont ceux qui prennent à cœur la protection et le service des citoyens.

Justement, c’est là où je veux en venir. Si on arrive à faire la part des choses, à comprendre qu’il s’agit d’une minorité de flics, pourquoi les médias, les politiques n’arrivent pas à voir que c’est exactement la même chose pour la banlieue, pour les religions ? qu’il s’agit justement d’une minorité qui fout le bordel. si chacun prenait conscience de cela au lieu de faire des amalgames, je pense que ces sentiments de phobie (xénophobie, islamophobie….) disparaîtraient rapidement. comme ma peur de la police.

Le racisme imaginaire

En janvier 2015, juste avant les attentats de Charlie et de l’hyper casher, j’avais abordé le thème du racisme libéré. Je constatais une plus grande liberté pour exprimer son racisme. J’avais aussi abordé la hiérarchie du racisme an avril 2015 quand le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme avait dit que l’antisémitisme était différent de la haine anti-noir et/ ou anti-arabe. A mon humble avis, c’était une grosse connerie car il hiérarchisait une haine de l’autre. C’était il y a deux ans.
A la même époque, je parlais du terme islamophobie en expliquant une énième fois que ce n’était pas le refus de la critique de l’islam mais « la peur ou une vision péjorative de l’islam, des musulmans, et des questions en rapport  » (lire ici )
2017, les choses n’ont pas changé mais pire on constate que la hiérarchisation du racisme s’est répandue à la fois dans les médias ou chez des essayistes français. Cerise sur le gâteau, la mentalité française n’a toujours pas évolué sur le mot « islamophobie »
C’est le cas de pascal Bruckner qui a signé le livre « un racisme imaginaire ». Je copie/colle un paragraphe de l’article du journal le monde du 2 février 2017.

« Que les musulmans puissent être victimes de la haine, Pascal ­ Bruckner ne le nie pas et le dénonce avec force. Il juge cependant nécessaire de revenir sur la notion équivoque d’islamophobie. Ce ne serait pas un rejet des musulmans, plutôt un outil rhétorique qui sert à faire taire toute cri­tique de l’islam. L’islamophobie relève donc pour lui d’un « racisme imaginaire », car celui-ci fait croire que la remise en cause des croyances est illégitime et qu’elle équivaut à persécuter les fidèles. »

Ce paragraphe résume à lui tout seul le problème auquel se confronte la France depuis plus de vingt ans.Ce fameux savoir-faire pour mélanger tout et n’importe quoi. Pascal Bruckner aveuglé dans sa lutte contre l’islamisme finit par utiliser le terme « le racisme imaginaire » avec le fameux argument où le musulman se victimise ou que l’on exploite sa victimisation à des fins politiques.

Le principal problème de Pascal Bruckner est qu’il se masturbe le cerveau au lieu de lutter contre l’islamisme. Il fait un concours de zizi entre antisémitisme et islamophobie. Il s’enferme dans un combat sémantique alors que c’est par le dialogue, le débat que l’on peut faire évoluer les esprits. Le soucis de Pascal Bruckner est qu’il est dans sa tour d’ivoire et qu’il ignore que 80 % des musulmans français sont favorables à l’égalité hommes-femmes et à la laïcité. Alors vous allez me dire « mais bobig on s’en fout de cette andouille qui balance des conneries » et je vous répondrai ceci :

On ne s’en fout pas du tout. c’est même une catastrophe sans nom car, avec caroline Fourest, Mohamed Sifaoui et d’autres, Pascal Bruckner a une attitude de pompier pyromane. Et l’on constate en France une jolie dérive avec tout ce qui concerne les musulmans. Le dernier exemple en date est flagrant. Fin janvier, un terroriste inspiré de Marine Le Pen et Donald Trump, pénètre dans une mosquée et tue six personnes pendant leurs prières. Les médias français ont mis plusieurs jours à décrire cette acte comme un attentat. L’acte n’est qu’une fusillade.

Mieux comme on peut le voir sur ce tweet, on a même osé mettre des guillemets pour le mot attentat.

Je n’insisterai pas non plus sur le peu d’écho solidaire de cet attentat en France ( pas de bannière Facebook, pas de « je suis Québec ») alors qu’au Canada le pays était en totale union contre la barbarie et que le premier ministre canadien n’a pas invité de dictateurs à manifester dans la rue mais a montré sa volonté d’être un peuple uni grâce à ses différences. Regardez ce discours du député Joël Lightbound, une leçon d’humanité qui serait impossible en France :

Cette peur de nommer les choses, cette trouille qui concerne l’islam en France vient de ce racisme imaginaire de Pascal Bruckner. Les musulmans ne doivent pas être des victimes. Ils doivent souffrir en silence. Si on les voit de trop, cela devient suspect. C’est politique. Pourtant, il est important de rappeler que les musulmans sont largement les victimes les plus nombreuses des actes terroristes dans le monde.
Il faudra un jour que Pascal Bruckner et d’autres réalisent, qu’à force d’avoir un discours anti-islam, de dépeindre les terroristes en les amalgamant volontairement ou non aux musulmans, ils donnent une légitimité à certains d’agir et de tuer des personnes dans une mosquée. Penser que l’islamophobie est un racisme imaginaire n’est pas seulement idiot, c’est irresponsable !

Mise à jour du 09/02/2017 :

Pour éviter de vomir, il faut éviter entretiens de Pascal Bruckner dans les médias. Exemple avec cette phrase dénichée dans l’express.  Si ce n’est pas de l’islamophobie, ça y ressemble beaucoup.


17 ans déjà

Sur mon blog artistique, j’ai remis en ligne une œuvre réalisée en janvier 2000 intitulée « je recherche un emploi fictif » A l’époque, on baignait déjà dans les polémiques avec des emplois fictifs à la mairie de Paris. C’était il y a 17 ans déjà.

Mes artisteries me rafraîchissent donc la mémoire. 17 ans, c’est long et pourtant, en regardant l’actualité, on en est toujours au même point. En l’an 2000, des personnes de la même famille politique trempaient dans des affaires d’emploi fictif. Il s’agissait de Jacques Chirac, condamné à deux ans de prison avec sursis. Alain Juppé, candidat malheureux aux primaires de la droite avait été sanctionné d’un an d’inéligibilité. Fillon, Juppé, Chirac. En écoutant le groupe NTM, on réalise la force d’une punchline du morceau « qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu »

« Les année passent, pourtant tout est toujours à sa place »

Enquête exclusive…

Parfois, je me lance des défis fous, sans doute l’envie d’émotions extrêmes…j’ai décidé de regarder l’émission de Bernard de la Villardière sur M6 consacré à Saint Denis. Cette ville attire souvent l’attention du Figaro, de valeurs actuelles…donc il fallait que je regarde avant d’émettre une opinion. Attitude plutôt rare de nos jours, car on gueule beaucoup sur les réseaux sociaux sans s’être informer. je lance le générique…c’est parti…

Le thème de la soirée « Saint Denis la ville aux deux visages » Je sens que je vais me marrer…

l’intro

« saint Denis au cœur du département du neuf-trois » Cela commence mal avec l’utilisation de cette expression « le neuf-trois ». Il y a du mépris dans cette expression utilisée avant tout par les rappeurs pour dénoncer misère et problèmes de quartiers. c’est très mauvais signe quand un journaliste l’utilise.

D’ailleurs il continue « un département de sinistre réputation en raison d’un taux de chômage et d’un niveau de criminalité record, c’est à saint Denis que les tueurs du 13 novembre avaient trouvé refuge » Alors quand j’écoute une telle phrase on se demande si les habitants de Saint Denis ne sont pas complices d’avoir caché les terroristes. Bravo pour l’image de la ville au bout d’à peine deux minutes de reportage. Le journaliste explique ensuite que certains (la municipalité et des habitants aisés) « ne ménagent pas leurs efforts pour tenter de renverser le destin » hé oui le destin de Saint Denis c’est la merde ! c’est la violence et des assistés. La route est longue.

Le reportage

Pas le temps de respirer, on attaque directement avec les urgences de l’hôpital où le week-end un quart des patients viennent pour des coups et blessures et règlements de comptes. Bien sûr on ne parlera pas des manques de moyens dont manquent les hôpitaux nationalement. On est là comme au safari, pour voir de la misère humaine.

et de la misère , on va en voir. Avec ce patient, sous alcool, et victime d’une agression…

Ce docteur soigne d’ailleurs souvent des plaies par arme blanche et des blessures par balle… »cette situation est propre à Saint Denis ?  » interroge la journaliste.

– non mais c’est plus fréquent.

Hop le reportage s’oriente vers une autre agression…une femme que l’on a frappé avec une barre de fer. Scène digne de la série « urgences » ça pleure , c’est douloureux c’est bon pour la caméra coco !!

et la conclusion :

On quitte l’hôpital, un plan d’ensemble de la ville on aborde le stade de France, la basilique qui abrite les tombeaux des rois de France…cool le reportage va aborder l’histoire. Un peu de pédagogie pour découvrir la ville chic ! chic ! Plan sur l’école de la légion d’honneur qui ….

« tranche avec le reste de la ville ». Punaise la respiration positive a duré dix secondes. « Saint denis est une des villes les plus pauvres de France… »

« …qui compte le plus d’immigrés par habitant » et bien sûr dans enquête exclusive, immigrés = musulman avec un joli plan direct dans une mosquée.

Le reportage continue, aborde les entreprises, les transports puis la voix off balance cette phrase « la ville offre un fort potentiel » waouh !! une phrase sympa, on va sûrement aborder des points positifs. Fausse joie dans la seconde qui suit « pourtant son taux de chômage à près de 24 % est le plus élevé du pays »

10 minutes de reportage, que de la noirceur. Aucune explication, on visionne la misère. point barre. On dirait un sketch mais dès que la voix off balance un truc positif , elle le contrebalance tout de suite avec de la bonne merde avec une pincée de communautarisme et de violence. C’est très éprouvant. J’appuie à nouveau sur lecture…

hop direct on voit le maire adjoint , fervent musulman modèle de réussite. Vous pensez que l’on va s’intéresser à son parcours ? découvrir la force de l’école de la république ? ha bah non…cet adjoint au maire permet d’embrayer sur les 130 nationalités et on attaque avec les commerçants attristés par tous ces étrangers et surtout musulmans.

le charcutier va hélas revendre à un musulman…

puis on enchaîne sans logique au trafic de drogue..

Bon, je me laisse aller. on finit par s’habituer à ce yoyo illogique. Le reportage aborde l’immobilier..avec Sophie agent immobilier avec des logements luxe au sein de cette ville. Elle vit dans un splendide loft de 200 M². elle fait la visite d’un appart et…on visite la rue la plus criminogène avec cette phrase de l’agent immobilier.

« Il y a trois règles à connaître à Saint-Denis. On évite de sortir son iPhone dans la rue, on a tendance à avoir le sac en bandoulière, et puis en voiture on ne laisse pas son sac à main sur le siège passager et après on est tranquille « 

pour apprendre plus de choses sur Sophie, vous pouvez cliquer ici. c’est une opposante à la mairie.

– Vous vous sentez comment dans cette ville ?
– on parle des minorités visibles…c’est nous là un peu la minorité visible.

Effrayant. les bons blancs qui ne veulent pas que les autres soient trop visible. Au secours.

Pause fraîcheur avec la visite de l’appartement. Bizarrement, j’ai peur de la suite. Je rappelle le principe que j’ai repéré depuis le départ. pour 20 secondes de positif, 5 minutes de merde. ça arrive vite. un appartement sans parking à Saint Denis égal des rétroviseurs cassés. Malgré cela on a quand même une séquence à la Stéphane Plaza.

mais Sophie, opposante à la Mairie de Saint Denis, est confronté à un nouveau problème…le centre de la ville s’est transformé avec des magasins halal et communautaire…

c’est la séquence « Islam qui fait peur » c’est parti mon kiki en caméra caché…avec magasin de voile intégrale interdit en France (la voix off le souligne)

en fait, le reportage s’intéresse au marché du halal sans en donner une seule définition. Bref, on va mettre en avant des cons qui exploitent un marché, un peu comme l’industrie de la bougie à Lourdes, le Halal aborde tout et n’importe quoi. Dans un salon esthétique, on refuse l’épilation car cela provoque le cancer du sein. la voix off parle des lois de l’islam. Le discours choque mais ce qui me choque le plus c’est que la voix off ne précise pas que ces bêtises n’ont rien à voir avec l’islam mais tout à voir avec la connerie. Bref aucune pédagogie, on laisse le spectateur dans son ignorance et certains croiront que les musulmans suivent ces règles absurdes. c’est honteux !!

Après le quartier communautaire, on se retrouve dans une cave à vins, on passe du halal crétin au jaja et saucisson symbole qu’adore des mouvements comme riposte laïque proche de l’extrême droite. Pourtant pas de fachos ici mais des bobos.

21 minutes, on retrouve notre charcutier.« si je devais vendre ça deviendrait une boucherie musulmane je pense…j’attendrais longtemps le gaulois »

les gens sont tristes. pas d’explication sur les commerces, uniquement des « on était mieux avant mon bon monsieur… » on bifurque vers le marché de saint Denis mais avec un bémol « les étrangers vont plus vers leurs commerçants à eux… » on va enfin aborder la mairie communiste depuis un siècle sur Saint Denis…

on retrouve hakim l’adjoint au maire qui célèbre des mariages..on a enfin le parcours de cet adjoint français né en Algérie qui va marier un couple de français….d’origine maghrébine. oui moi par exemple je suis français d’origine de seine saint denis. c’est toute la différence.. on est français mais d’origine avec « enquête exclusive »

alors attention, j’assiste à un instant positif avec ce mariage, je m’accroche à mon siège la descente va être rude. alors le maire adjoint est heureux à Saint Denis car « …il peut pratiquer sa religion comme il l’entend…un islam sunnite modéré » Pause. c’est quoi un islam sunnite modéré ? y a t-il des catholiques modérés ? des protestants modérés ? On ne va trop insister , le téléspectateur n’apprendra pas la nuance….Petit tour dans une restau halal où on aborde succinctement la discrimination des femmes qui portent un voile. cela dure 1 minute puis on découvre le projet d’Hakim : ouvrir la plus grande mosquée du département. Le financement de cette construction est assuré pour une grand majorité par des français mais !!! 15 % vient de l’étranger ! c’est énorme !! le discours de l’imam et de l’adjoint au maire est très clair. Construire une mosquée pour enlever les ambiguïtés et éviter à des personnes d’interpréter les textes dans l’excès. c’étaient les trois minutes positives…la voix off balance que la forte présence de population étrangère pose problème…Retour à l’hôpital.

On assiste aux rendez-vous dans les maternités avec la barrière de la langue arabe qui pose problème.

Ensuite vient le problème de la laïcité à l’hôpital avec les contraintes des patientes qui ne veulent pas être examiné par des hommes. « Ces demandes sont minoritaires mais pas exceptionnelles » dit la voix off. quelle est la nuance ? cette phrase est elle prononcée pour donner une impression de grand phénomène ? La laïcité n’est pas négociable dans un hôpital public (commentaire personnel : et c’est très bien ainsi) une discussion se poursuit avec le docteur sur des demandes minoritaires. « exercer le métier de médecin a saint Denis c’est se confronter à des problèmes de culture et à l’extrême précarité » avec une musique super angoissante. il est 20 heures…on va revoir la violence des nuits à l’hôpital..rebelote un ivrogne qui a été agressé comme au début du reportage.

Derrière cette violence, on découvre les trafics de drogue…le centre ville c’est le royaume du crack, l’équipe de reportage suit Isabelle une accro à cette drogue qui vit dans un couloir. Peu de chiffres sur le nombre de toxicomanes…peu d’explication..visite en caméra cachée du squat vendant la drogue…on passe ensuite au travail de la police.

Course poursuite en caméra cachée pour attraper les dealers..Nous n’apprenons rien. pour aborder les quartiers d’affaires. Ce qui pourrait positif, sera une fois de plus anxiogene car les entreprises doivent prendre des mesures de sécurité.

Reportage sur la cité du cinéma…agréable de découvrir ce lieu totalement isolé du reste de la ville. Bref, le CAC 40 s’installe mais a peur de Saint Denis. On bifurque vers le travail de la municipalité sur les marchands de sommeil..et on suit un ancien trader qui a investi dans l’immobilier et qui s’en mord les doigts. Le fait qu’il fasse partie de l’opposition à la municipalité n’est pas précisé.

retour à l’inauguration de la mosquée aboutissement de dix ans de travail pour l’adjoint au maire. avec des élus locaux qui sont présents à ce pot.

cette dernière précision est intéressante car quand on lit la prose de mouvements comme le printemps républicain et aussi du FN, on pointe souvent du doigt la collusion entre les élus locaux et l’islamisme rampant. L’image ici est parfaite pour apporter de l’eau à leurs moulins..plan sur la mosquée après avoir abordé le radicalisme religieux. Fin du reportage avec cette phrase :

« Entre violence et pauvreté les défis sont encore nombreux pour que 110000 habitants parviennent à vivre ensemble »


Regarder ce reportage spécialement pour écrire cet article a été passionnant pour plusieurs points.

  1. Le portrait de saint Denis est complétement à charge. on n’apprend strictement rien.
  2.  La moindre nouvelle positive est aussitôt balayée par un propos anxiogène.
  3. le témoignage de personnes faisant partie de l’opposition de l’actuelle mairie, sans que cela soit précisé,  est malhonnête.
  4. cette présentation d’un islam superstitieux et obscurantiste sans aucun propos d’un imam qui vienne dénoncer ces conneries est aussi malhonnête. Bref du grain à moudre pour les anti-musulmans. Bravo M6.
  5. la vision de ce documentaire a été éprouvante.  Pas d’espoir alors que je pense qu’il y a de très nombreuses initiatives en seine saint Denis et donc aussi dans cette ville où l’on découvre une solidarité entre habitants et des initiatives culturelles qui n’ont même pas été abordées.

Ma conclusion : « Enquête exclusive » est une émission de merde.

La question de ruth

Ce matin,  je faisais un petit caca nerveux sur les primaires. Les candidats ne m’inspiraient rien mais en surfant sur le web , j’ai percuté sur un autre élément : les journalistes. En fait, ils sont aussi, voir plus mauvais, que les politiciens qu’ils interrogent. La palme à Ruth Elkrief avec cette question.


Combien d’années de journalisme pour dire une telle connerie ? Pour Ruth, voici les conséquences du mépris de l’ecologie…

  • La réduction de la disponibilité, de l’accès et de la qualité de l’eau potable
  • L’accès aux soins sanitaires
  • La crise alimentaire
  • Les réfugiés environnementaux (réfugiés climatiques)
  • Les catastrophes environnementales (inondations, sécheresses, etc.)
  • La menace pour la santé (maladies pulmonaires, cardiovasculaires, perturbation du système hormonal et du système nerveux, cancers, problèmes respiratoires et neuropsychiatriques, altération du développement fœtal et du système immunitaire, maladies endocriniennes et dysfonction de la reproduction)

La liste peut être plus longue mais ca donne une petite idée de l’importance du sujet.