Être un élu noir en Seine-Saint-Denis aujourd’hui, c’est accepter de devenir une cible mouvante pour CNEWS. Bally Bagayoko est un cas d’école du racisme ordinaire.

D’un côté, on retrouve les méthodes habituelles : des accusations sans fondement de liens avec le narcotrafic lancées par la presse d’extrême droite. De l’autre, des attaques purement déshumanisantes. Quand Michel Onfray compare un élu de la République à un « chef de tribu primitive » et qu’un chroniqueur l’assimile à un singe, on ne parle plus de débat politique, mais d’un véritable naufrage.
Ce qui choque, c’est le contraste saisissant avec d’autres affaires de la vie publique :
- Menaces de mort : Le sénateur Thierry Meignen cible la journaliste Nassira El Moaddem sans que cela ne semble ébranler les institutions.
- Justice et réélection : Un maire accusé de quatre viols retrouve son siège dans l’indifférence quasi générale.
Au sommet de l’État, le radar à indignation semble manquer de calibrage. La réactivité est immédiate lorsqu’il s’agit de condamner un crachat reçu par Éric Zemmour. En revanche, face à ce racisme décomplexé qui sature les médias de Bolloré et vise un élu local, le silence est souvent la seule réponse.
Le message envoyé est clair : selon votre couleur de peau ou votre camp politique, l’indignation n’est pas la même.
Tout va bien, ne changez rien.

