Être noir en 2026


Être un élu noir en Seine-Saint-Denis aujourd’hui, c’est accepter de devenir une cible mouvante pour CNEWS. Bally Bagayoko est un cas d’école du racisme ordinaire.

D’un côté, on retrouve les méthodes habituelles : des accusations sans fondement de liens avec le narcotrafic lancées par la presse d’extrême droite. De l’autre, des attaques purement déshumanisantes. Quand Michel Onfray compare un élu de la République à un « chef de tribu primitive » et qu’un chroniqueur l’assimile à un singe, on ne parle plus de débat politique, mais d’un véritable naufrage.

Ce qui choque, c’est le contraste saisissant avec d’autres affaires de la vie publique :

  • Menaces de mort : Le sénateur Thierry Meignen cible la journaliste Nassira El Moaddem sans que cela ne semble ébranler les institutions.
  • Justice et réélection : Un maire accusé de quatre viols retrouve son siège dans l’indifférence quasi générale.

Au sommet de l’État, le radar à indignation semble manquer de calibrage. La réactivité est immédiate lorsqu’il s’agit de condamner un crachat reçu par Éric Zemmour. En revanche, face à ce racisme décomplexé qui sature les médias de Bolloré et vise un élu local, le silence est souvent la seule réponse.

Le message envoyé est clair : selon votre couleur de peau ou votre camp politique, l’indignation n’est pas la même.

Tout va bien, ne changez rien.

Charlie d’avant 1982

Avant 1982, Hara-Kiri puis Charlie hebdo représentaient quelque chose. Un électrochoc salutaire où l’on s’attaquait aux puissants, aux intouchables, aux culs benis et aux politiciens de tous bords. Cavanna, Reiser, Wolinski…ces types avaient compris une chose fondamentale : la satire, c’est taper vers le haut et ne pas piétiner les faibles.

Puis est venu l’ère Philippe Val et les dramas. Après les attentats, au lieu de tout plaquer pour ne pas devenir la caricature de lui même, voilà où en est Charlie Hebdo : une dessin de Loana, femme ravagée par des années de galère médiatique et d’addictions, présentée comme le summum de l’esprit satirique. « Sniffez la vie par les deux trous. » Hilarant. Beurk !

C’est ça, l’héritier de Cavanna ? Cracher sur une femme fragilisée en se drapant dans le flambeau de la liberté d’expression ? La médiocrité aurait au moins le mérite d’être honnête . Ce qui est insupportable ici, c’est la prétention. Se croire subversif en s’acharnant sur les faibles, c’est exactement l’inverse de ce que ces pages ont un jour incarné.

Quelle tristesse.

I’m back

Cinq piges sans donner de nouvelles, et voilà que l’envie de rouvrir ce journal me reprend. Pourquoi aujourd’hui ? Je serais bien en peine de l’expliquer, mais entre nous, le monde ne s’est pas gêné pour nous donner du grain à moudre pendant mon absence.

L’idée n’est pas de dire si c’était « mieux avant » ou pire maintenant, la réalité n’est jamais aussi binaire. C’est juste qu’il y a des sujets qu’on ne peut plus laisser filer sans s’arrêter deux minutes pour les bousculer un peu, ou s’en indigner franchement.

Bref, il est temps de se remettre les mains dans le cambouis.

Au programme : de l’actu décortiquée, des pépites dénichées sur le web et, forcément, quelques morceaux de vie glissés ici et là. Un joyeux bazar, à mon image. Le vrai défi, ce sera de tenir la distance. C’est toujours là que ça coince. Mais cette fois, je vais essayer de m’y tenir. Pour moi, et pour vous aussi, un peu.