Avant 1982, Hara-Kiri puis Charlie hebdo représentaient quelque chose. Un électrochoc salutaire où l’on s’attaquait aux puissants, aux intouchables, aux culs benis et aux politiciens de tous bords. Cavanna, Reiser, Wolinski…ces types avaient compris une chose fondamentale : la satire, c’est taper vers le haut et ne pas piétiner les faibles.
Puis est venu l’ère Philippe Val et les dramas. Après les attentats, au lieu de tout plaquer pour ne pas devenir la caricature de lui même, voilà où en est Charlie Hebdo : une dessin de Loana, femme ravagée par des années de galère médiatique et d’addictions, présentée comme le summum de l’esprit satirique. « Sniffez la vie par les deux trous. » Hilarant. Beurk !

C’est ça, l’héritier de Cavanna ? Cracher sur une femme fragilisée en se drapant dans le flambeau de la liberté d’expression ? La médiocrité aurait au moins le mérite d’être honnête . Ce qui est insupportable ici, c’est la prétention. Se croire subversif en s’acharnant sur les faibles, c’est exactement l’inverse de ce que ces pages ont un jour incarné.
Quelle tristesse.
