Copenhague, Mon cul

J’avoue. Le jour de la fête de la naissance de l’enfant jésus, j’aurais pu choisir une accroche plus fine, voir même un autre sujet. Mais l’heure est grave et il est temps pour moi de vous expliquer pourquoi je n’ai plus l’écolo-attitude.

On subit une propagande écologique depuis plusieurs mois. Le réchauffement de la planète, la responsabilité collective. J’étais d’accord.
Premier geste de la fin d’année , l’achat d’une guirlande électrique extérieure pour embellir le sapin de mon jardin. Attention ! pas n’importe quelle guirlande électrique, elle se recharge grâce à un mini panneau solaire. 35 euros. ça vaut le coup pour préserver notre belle planète bleue. Le principe est simple. Durant la journée, le soleil recharge la batterie, la nuit mon sapin est merveilleusement éclairé. Sauf que…
Après 10 heures de recharge, ma guirlande clignote 6 minutes puis s’éteint mollement. Je ne me laisse pas abattre, recharge le lendemain, la nuit venue, même résultat.
Fini l’écologie pour Bobig. Ni une , ni deux j’ai foncé dans un magasin de décorations. achats de bonnes vieilles guirlandes électriques avec de bonnes grosses prises. Le tout branché sur mon réseau électrique. A mon avis , les habitants de mars peuvent repérer ma maison. Je dois utiliser à 100 % les capacités d’une centrale nucléaire. D’écologiste, je suis devenu nihiliste. Je me contrefiche que la terre explose, je veux que ma guirlande fonctionne la nuit.

lie to me

Depuis que je regarde la série « lie to me », ma vie est devenue un enfer.  Voici le pitch : Le Dr Cal Lightman, expert en détection de mensonges par l’analyse de « micro-expressions », vend les services de son équipe pour des enquêtes criminelles et civiles.

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Après le premier épisode, je me suis surpris à scruter le visage de mes proches. J’ai commencé par bobig junior :

– Tu as préparé ton sac pour le collège demain ?
– oui

Son sourcil droit s’est légèrement soulevé. Un petit rictus sur le coin gauche de sa lèvre inférieure.

– Va faire ton sac…
– Ok grrrrr…

Merci Dr Lightman ! mon fils de 14 ans se foutait de ma gueule. Les jours se sont succédés et j’ai peaufiné la détection des pensées ou des mensonges de mes proches. Les choses ont commencé à se gâter dans le milieu professionnel. Arrivée de notre directeur au bureau :

– monsieur Bobig , votre travail est très important et je pense que vous évoluerez rapidement dans ce service. Sa moustache frétillait, pupilles dilatées…ce trouduc n’en pensait pas un mot. Au final, décrypter son prochain devient vite une souffrance qui dégénère en parano

Petite visite chez mes parents, mon père est assis sur son fauteuil. je m’approche. Je discute (les actualités politiques..etc…), au bout de deux ou trois minutes, je remarque qu’il soulève ses lunettes avec son majeur. Sa micro-expression est un bon gros doigt d’honneur. Il se fait chier et m’écoute juste par politesse. Je l’empêche de lire tranquillement son canard. Ce dernier exemple  m’a fait prendre conscience qu’il fallait absolument que j’arrête l’étude des micro-expressions.

RER E

Je ne ponds pas cet article pour faire grincer les dents de ceux qui se tapent deux heures de transport par jour (Madame Bobig par exemple). J’adore prendre le RER ou le métro.

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J’ai rarement l’occasion de prendre les transports en commun. Jour après jour, j’utilise la voiture, 20 minutes de trajet isolé dans ma bulle métallique. Cette semaine, pour une durée de deux jours j’emprunte Le RER E puis la ligne 14, direction bibliothèque François Miterrand.
J’apprécie les transports car j’ai l’occasion de bouquiner. A la maison, trop hyperactif, je ne prends jamais un instant pour lire. Durant le trajet, j’ai fini le livre de Nicolas Bourriaud « formes de vie » (Petit livre qui éclaire certaines facettes de mon loisir artistique, je vous le conseille).
Durant le parcours, j’entends des gros cons : « tu vois babette les grévistes du RER A j’ai une bonne méthode pour discuter avec eux, hop je les mets dans une pièce, un coup de lance-flamme et je discute avec les survivants ».
Je me retourne, m’imaginant que le génie balançant cette phrase a le look du beauf de Cabu. Pas du tout, costard cravate, bien propre sur lui. On ne peut plus se fier à l’apparence.
J’apprécie les transports car je partage la vie de centaine de personnes en très peu de temps. Certains sont fous et parlent seuls, il faut s’approcher pour se rendre compte qu’ils ont une oreillette. Sale époque où on ne peut plus distinguer les simples d’esprits soliloquant et les traders discutant leurs bonus…
D’autres ont leurs portables bien visibles, Des messages d’amour, des discussions houleuses…aucune pudeur.
Durant ce petit circuit, on croise aussi de jolies filles. Rêveuses. Je suis en mode observation. Je finis par galoper dans mes pensées, créant de nouvelles artisteries pour mon projet. J’aime bien les transports en commun. j’y retourne demain.

Télé du matin

Aujourd’hui, aucune envie d’arriver tôt au boulot.  Il est 6h30. Croissant + café,  je me prostre sur mon canapé. La zapette en main, c’est parti mon kiki…

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En 30 minutes de petite lucarne matinale, j’ai la sensation d’avoir franchi une fissure spatio-temporelle. Le matin à la télé, c’est l’heure du commerce télévisuel, des quinquagénaires ou des has been qui présentent des objets révolutionnaires : le redresseur de poils, la crème amincissante à base de gloubiboulga…si il y a des téléspectateurs qui dégainent leurs cartes bleues à six heures du mat pour acheter le tire-bouchon godemichet, il faut les interner !!

je zappe, je tombe sur gym direct avec une jeune prof de sport hyper kiki qui essaie d’apprendre un mouvement de hanche à Babette 65 ans. Hélas, Babette ne percute pas. Au lieu d’onduler gracieusement le bas de son corps comme sa coach, elle tournicote maladroitement son coude. Les autres élèves s’impatientent, moi aussi , zapette…

France 2. William Leymergie m’accueille. Ce type me fait froid dans le dos. Comment peut on passer de récré A2 à cette émission matinale sans perdre la raison. Il est tout beau, tout souriant.  on devine qu’il a bien chaud avec son petit damart.  Seul point positif, les chroniqueuses. toutes mignonnes. A mon humble avis et sans faire de commérages, il y a eu des coucheries. Sacré William. Je découvre une tête à claque : Julia livage spécialiste des liens internet. elle glousse sans arrêt en révélant des buzzs périmés. Terrible…je zappe..

Chaines musicales, des clips de gamines de vingt ans qui se ressemblent toutes (voix + physique) se succèdent sur mon écran plasma 118 cm (oui je me la pète) . J’ai un coup de blues puis soudain un flash. j’ai une hypothèse crédible sur la vague de suicides dans les entreprises françaises. Regarder la télévision matinale est le déclencheur de la pulsion d’autodestruction des employés. je suis à 80 % sûr de ma théorie. J’envoie tout de suite un mail à  Didier Lombard.

Comment je suis devenu un playmobil

on vit parfois des instants douloureux. Un face à face avec nous même où l’on se découvre tel que l’on est. Sans artifice. Vendredi soir, je suis allé chez les coiffeur.

Accompagné de miss Bobig, on ose le salon de coiffure grand standing. Dés le départ, on est cajolé. Une jeune fille aux mains délicates m’accompagne. Je m’assois. Avec un pinceau, elle m’applique un soin pour le cuir chevelu. Je suis devenu une toile.
Lavage des cheveux. Première surprise. le siège procure des massages le long du dos. Je résume. on me lave les cheveux avec des mouvements doux + tripotage des lombaires. Je ne suis pas loin de l’orgasme (je suis un grand sensible) mais je me contrôle. Ma fille m’observe.

« monsieur vous pouvez vous lever, José va vous coiffer… »
– bonsoir monsieur, alors je vous fais quoi…
– Alors c’est tout simple. j’ai les cheveux longs, je veux uniquement que vous les coupiez un petit peu (je montre à peu prés la longueur de je souhaite)
– Okay c’est parti.

Elément important à signaler. Je ne porte pas mes lunettes pendant la coupe de cheveux. Conséquence. J’observe dans le miroir un vague forme floue. La séance commence. Discussion sur la météorologie, les courses de Noël, le flux migratoire des pucerons du sud-est asiatique…
« Voilà c’est fini ! »Au bout de vingt minutes, je peux à nouveau chausser mes lunettes. Et là..la constatation est toute simple. Je ressemble à un playmobil.

« alors ça vous plaît ? » . Intérieurement, je pense « mais bordel de merde, tu as vu ce que tu as fait connard !! je te demande les pointes et tu me fais une coupe de bouffon !! t’es con ou quoi ? », extérieurement « oui c’est très bien… » J’ai gagné le prix lâcheté 2009. Le pire est à venir.
J’affronte le regard de ma fille. « alors tu le trouves beau ton popa ? ». Silence. Miss bobig m’observe, petit sourire en coin. « oui ça lui va bien ». Je suis à moitié rassuré par sa réponse. J’aimerai bien savoir ce qu’elle pense intimement.

On fonce à la caisse, je sors la carte bleue. La somme tombe. 145 euros. je ressens une douleur vers le coccyx. On sort dans le froid humide. Miss Bobig me regarde et chuchote « papa c’est drôle, tu ressembles à un playmobil ».  Je réalise que je n’étais pas le seul peureux dans le salon. Tel père, telle fille.

Twilight

Parfois, on prend des décisions difficiles pour faire plaisir à autrui. On sacrifie quelques heures de sa vie pour plonger dans les ténèbres. il y a deux semaines, j’ai maté Twilight 1 et 2 avec miss bobig.

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Le premier épisode a été visionné dans la discrétion de mon appartement. Confortablement installé, j’ai cliqué « play ». C’est parti mon kiki.
L’action se situe dans une région pluvieuse d’Amérique du nord. Une jeune citadine atterrit dans un trou perdu, essayant de s’intégrer dans la vie scolaire. Après  une tentative pour faire partie du groupe des bouffons du collège, elle flashe sur les rebelles : Les Cullen. Ces derniers sont un savant mélange entre la famille Adams et le groupe Tokio hôtel. Autre détail, ils sont aussi vampires. Buveurs de sang new génération avec un aspect « on souffre de la crise financière », des crocs peu acérés,  fuyant la lumière du soleil, non pas pour éviter de se consumer mais parce que leurs peaux brillent comme la plus belle  boule à facettes de la discothèque de la chapelle Thouarault.

Dans le groupe des vampires, il y a un beau mâle mystérieux (personnellement je trouve qu’il a une tête d’ampoule, mais le fait est qu’il plait beaucoup aux demoiselles). Logique, il tombe amoureux de la jeune fille. Seule contrainte, il ne peut pas lui faire subir des assauts sexuels sous peine de la croquer et de la perdre pour toujours. Pas de bol.

Etiré sur deux heures, le premier épisode est agréable à mater si on fait abstraction du côté asexué des personnages. La course poursuite entre un méchant vampire et la pucelle  est bien foutue. l’héroïne se prend des gros coups à travers la tronche, jambe avec fracture ouverte, morsure…. Malgré ces épreuves physiques, elle reste bouche bée devant tête d’ampoule. Deux hypothèses : c’est une parfaite idiote ou une masochiste. on aura la réponse dans le deuxième épisode.

Twilight 2 : là, l’effort est surhumain. je dois visionner le film dans une salle de cinéma. Une vraie !! avec des gens dedans qui mangent du pop-corn. Deuxième épisode. Tête d’ampoule (le vampire beau gosse) présente sa fiancé à ses parents.  Comme premier contact, ça chie totalement dans la colle. Un des frangins essaie de la mordre. Re-baston. La gamine se prend un coup de pied latéral et atterrit, tête la première, sur la commode Louis XVI du futur beau papa. On a bien confirmation, son masochisme la pousse à continuer de fréquenter le suceur de sang. Sauf que…Tête d’ampoule réalise que son couple merdoie. Il décide de rompre pour le bien de tous.

A partir de cet instant, j’ai perdu un peu la notion du temps. La gamine se replie sur elle même. Elle passe ses journées à mater par la fenêtre. Voir cette déchéance  avec la floraison de réseaux sociaux de notre époque, je peux vous dire que ça fait mal au coeur. Pas de messenger, ni twitter ou facebook. Au bout de six mois végétatifs, elle réagit et fréquente un nouveau garçon. Jeune indien qui poursuit ses études dans le collège de la réserve. Alors là, vous me croyez ou non. Mais cette fille n’a pas de bol. Après ses blessures suite à la fréquentation du vampire,  sa peine de coeur…elle réalise que le jeune indien est un loup-garou. Sans déconner. D’une humeur taquine, j’ai chuchoté à ma fille que l’épisode 3 se passerait avec des lutins. On a bien rigolé.  Anecdote : alors que les vampires sont des boules à facettes, les loups garous sont fiévreux. 42 dégrés,   24 heures sur 24. En période de pandémie de H1N1, les voisins de ces zigotos ne doivent pas être rassuré.

Bon , je ne vais pas raconter le deuxième épisode en entier.  Juste une précision, avant d’aller au cinoche, avaler une bonne rasade de whisky ou fumer deux  ou trois joints, ça aide à avoir l’esprit ouvert.

Les Jonas brothers

Depuis que j’ai balancé un tweet sur le concert des Jonas Brothers. j’ai reçu de nombreuses réactions.

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Je vous résume rapidement « Mais bordel de merde !! Bobig ! comment peux tu laisser ta fille assister à ce concert ? ».
Et là je vous rétorque simplement : bande de petits naïfs, vous croyez sincèrement que j’accepte cette situation innocemment. Hinhinhinhin (rire à la Fantomas version de Funés).
Hannah montana, Jonas Brothers…peu à peu, je collectionne des preuves. Des indices que je ressortirai dans quelques années.
Quand elle aura seize ans, en pleine période punk rebelle, elle essaiera de me faire tomber du piédestal. Le rôle du vieux con. Paf !! je lui balancerai les tickets de concert et les photos des trois puceaux. Une jolie technique pour lui expliquer qu’un jour ou l’autre, tout change, qu’elle aura aussi ce rôle ingrat du parent chieur.
Elle a onze ans…j’ai tout mon temps…d’autres niaiseries vont apporter de l’eau à mon moulin…Hin hin hin, je suis machiavélique !!

ps: cette technique de conservation d’archives douteuses viennent de mon père. Le jour où il a sorti mon 45 tours de Nestor « à la pêche aux moules », je n’en menais pas large.

Ha toyoutotou toyoutoutou

Pour le titre de cet article, ceux qui ont l’oreille musical auront reconnu le générique de « Gym tonic », une émission d’aérobic que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.

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Dimanche matin, arrivée à la salle de sport avec Bruno. La patronne du lieu nous aborde : « Ha les garçons, à 10h15, cours de culture physique vous êtes chaud »..Réponse de Bruno « 10h15, très bien ça me laisse 5 minutes pour fumer une clope ». ça commence fort.

bâton + tapis + haltères. 10h16, on commence les premiers exercices. je copie/colle les gestes du coach. Au bout de 20 minutes, ça devient difficile. Le cours est composé de 95 % de filles. Seul l’orgueil masculin me fait tenir le choc. Je ne vais pas être dominé par des gonzesses en tutu rose !!
35 minutes. Je suis à quatre pattes, secouant ma grosse cuisse de bas en haut et vice-versa. Mon souffle est devenu rauque. Les autres participantes ont la méga patate. Aucun masque de l’effort sur leur visage. Je vais mourir. j’hésite à simuler l’évanouissement pour interrompre le cours.
43 minutes, le professeur nous indique des mouvements de détente. ça sent la fin du cours. Je m’endors sur le tapis…11 heures, retour home sweet home, après avoir ingurgité quatre lits d’eau, je suis resté prostré sur mon fauteuil le restant de la journée.
Je finis par un conseil : Dans un cours de « culture physique », toujours éviter de mettre un short. Il y a certains mouvements de jambes qui peuvent rendre vos testicules apparentes.

Procrastination, quand tu nous tiens

Avant de commencer l’article, la petite définition de Procrastination :

La procrastination est un terme relatif à la psychologie qui désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions (qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non). Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », surtout lorsque cela ne lui procure pas de gratification immédiate.

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Dans le genre idée artistique, je suis plutôt hyperactif.  Une idée à la seconde. Sans me vanter, je parviens quelquefois à trouver le concept pour pondre une belle œuvre.Mon gros problème est de souffrir de procrastination. Depuis l’enfance, j’ai cette attitude légère qui consiste à ne jamais rien terminer. par fainéantise ou insatisfaction.

1982. Passionné de bande dessinée, j’esquisse un début de scénario « les locataires ». La vie d’un immeuble avec un gag sur une page. J’ai griffonné trois cases, puis plus rien…1986, je décide d’être le nouveau Picasso. je fais une peinture puis je la jette…1991…je fais des photos ressemblant  à du sous andy warhol , je les balance à la poubelle…on peut continuer comme ça jusqu’à l’an 2000 avec mon projet du « kit de Bobig ». Idée passionnante, foirée par paresse.

Peu à peu, j’ai fini par me connaitre en anticipant.  Au lieu de rater une œuvre inachevée, je refuse de la créer ou de la faire évoluer.  Exemple : je n’ai pas accepté de faire des tshirts avec mes acronymos.  J’ai refusé de développer mon jeu de cartes « concept today » in real life…etc…

De là à dire que je suis un artiste conceptuel par procrastination, il n’y a qu’un pas. Depuis le début de l’année, conscient que je ne changerai pas d’attitude,  je me démerdouille avec une pirouette conceptuelle  : « Quand Art & procrastination font bon ménage ».

Pourtant au fond de ma petite boîte crânienne, j’ai toujours cette envie de mener un projet à fond la caisse. Pondre des tonnes de peinture et les distribuer all over the world….je ne renonce pas à cette idée…j’y arriverai nomdediou !!!

Toi aussi parle teenager

Tout a commencé lors d’un repas, bobig junior m’a demandé un truc : « peux ‘sser seul » j’ai levé la tête, lancé un appel au secours à la mère de ce grand garçon de 14 ans.

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J’ai fait mine de ne pas l’avoir entendu. « peux ‘sser seul ? splai ».

– excuse moi je ne comprends rien.

Il a soufflé bruyamment puis la phrase est sortie « tu peux me passer le sel s’il te plait » . Cette formule semblait lui avoir arraché les tripes. Je lui ai tendu la salière.

Au départ, j’ai pensé faire un examen de mon audition. mais en abordant le sujet avec madame bobig, j’ai vite compris que le problème ne venait pas de mes oreilles vieillissantes.  Bobig junior rentrait dans l’age de l’adolescence. Avec ma propre expérience, je savais que la voix muait mais j’avais totalement oublié ce langage fait de borborygmes et de mots à peine prononcés.

Après un conflit ,  je l’ai entendu téléphoner à un de ses potes « tvois mes p’rents serv t’a rin ». Tel Champollion étudiant les hyéroglyphes, je me suis attaqué au décryptage de cette sentence : « tvois mes p’rents serv t’a rin ».

Deux nuits d’insomnie à ressasser cette phrase, pour enfin deviner le sens. Je n’ai pas été déçu : « Tu vois mes parents ne servent à rien ». D’un comme un accord avec madame Bobig, nous avons pris la décision de ne pas traduire le langage adolescent. Inutile de se faire du mal.